France Inter

Crédit photo : Gratisography

Radio France, une institution, un immense chantier finalement. C’est peut être là le secret de la qualité, rester en chantier…

J’ai eu la chance d’être invité pour une émission sur France Inter (à retrouver ici).

France Inter, c’est une institution pour moi. C’est LA radio, celle qu’on entendait le matin à la maison, celle de mes parents, une sorte de caution ou de référence culturelle.

Je crois que c’est avec une certaine fierté que je suis monté à Paris pour l’émission. Une heure d’antenne, c’est très court, trop court. Surtout pour un débat aussi large que « le disque est-il définitivement mort ? », avec 4 invités et les interventions des auditeurs. Bon, j’avoue, pêché d’orgueil, j’aurai bien fait l’émission tout seul… Difficile, surtout que c’est par l’intermédiaire de Laurent (Les fourmis dans les mains) que j’ai été invité.

J’ai redécouvert France inter. J’étais venu il y a quelques années pour accompagner divers artistes et à l’époque la Maison de la Radio était en travaux. Et là, surprise, la Maison de la Radio était en travaux !! D’ailleurs, nous n’avons même pas fait l’émission dans la dite maison mais dans un immeuble loué depuis des années dans la rue d’à côté qui lui aussi était… en travaux.

Radio France est un immense chantier finalement. C’est peut être là le secret de la qualité, rester en chantier… en travaux… ça permet de garder un côté humain !

Le studio était au sixième je crois et le standard téléphonique à l’étage inférieur. Ça a un petit côté sympa et rétro. Au cœur de cet arsenal de technologie (micros, webcams, régie numérique), les messages des auditeurs sont montés à l’étage sur papier par les assistantes de l’émission.

Au milieu, il y a Philippe Bertrand, l’animateur. Simple, franc, revendiquant ses origines, son attachement à la terre, à l’humain, à la rencontre, il gère son temps d’antenne, distribue élégamment la parole, choisit les auditeurs à prendre en ligne en bon capitaine de son navire culturel.

Il y a eu l’émission et il y a eu tout ce que vous n’avez pas entendu, on a continué longtemps après, je crois qu’on a dû refaire 2 ou 3 fois le débat entre passionnés.

J’ai gardé de cet échange une idée maitresse. Aujourd’hui la diffusion d’une œuvre est d’une simplicité effarante, le format n’a pas d’importance puisque tout peut exister et paradoxalement la création tend à se rapprocher au mieux de standards obsolètes, vestiges d’un mode de consommation déjà dépassé. Un peu comme si la diffusion et la consommation de la musique avaient amorcé un virage et que nous (compositeurs, créateurs) continuions à aller tout droit. Un peu caricatural et certains se diront qu’ils sont bien en dehors de ces considérations. Alors je dis qu’ils ont bien raison, que la barrière entre le génie et la folie est parfois tellement ténue qu’un jugement un peu hâtif serait maladroit. Alors soyons un fous, créatifs, redonnons sa place à la musique, à l’art en général, que les différents supports redeviennent des moyens, des outils et pas des fins en soit sous peine de fin tout court.

Nathanaël

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