Le Nini…

Ni pour ni contre, bien au contraire et vice et versa, bref ni l’un ni l’autre ! N’attendez pas ici un développement politique sur un sujet d’actualité, on parle de musique et d’images bien évidemment. Le nini donc n’est pas seulement un principe d’abstention en période électorale, pour justifier un comportement civique, c’est aussi une attitude plus largement répandue. Je m’explique avec un exemple issu de mon expérience de compositeur.

Face à certains jeunes réalisateurs, forts de leur diplôme et auréolés d’une expérience riche de films d’études (c’est ironique hein), qui abordent leur premier film de commande, je me retrouve recommandé par le producteur pour parler son et musique. Le face à face peut donner lieu à un grand moment de solitude. Un discours sur la musique synchronisée, le travail de superviseur et celui du compositeur de musique originale plus tard, le jeune réalisateur me regarde assuré et me confirme qu’il va y réfléchir, que de toute façon il connaît bien le problème et ne comprend pas vraiment pourquoi je suis là sur les conseils de son producteur, mais que bon c’est son producteur alors il pouvait pas lui refuser. Attention cet exemple ne reflète pas l’ensemble des jeunes réalisateurs mais bien je l’espère et le crois un épiphénomène !

Au final, j’apprends qu’il n’y aura pas de musique sur le film en question, raisons évoquées vaguement stylistiques. Sans se mentir, on sait bien que c’est un choix par ignorance ou refus de se pencher réellement sur la question de la supervision ou de la composition, de rentrer en dialogue et en recherches. Dans le doute abstiens toi comme dit l’adage populaire. Pour un film finalement, l’incidence est faible, on pourra arguer le style, la patte, voire invoquer une forme de licence poétique. Quand ça paraît, évident, pertinent, je suis le premier à défendre le silence, l’absence de musique mais quand cela semble un manque de recherches, de volonté, une forme de facilité, un refus de découvrir, je suis plus circonspect même si tout ça peut être mis sur le compte de la jeunesse. Mais il paraît que la sagesse n’attend pas le nombre des années, comme dit l’adage également. Comme quoi à suivre les adages on ne sait plus trop à quel saint se vouer.

L’art du nini est donc un principe d’évitement à grande échelle, une manière de ne pas prendre les problèmes frontalement et aborder sa propre ignorance ou responsabilité par exemple. Mais tout ceci n’est qu’un exemple, qu’une situation sortie de son contexte, le plus important restant, artistiquement et ailleurs, de faire selon ses convictions et de défendre ce en quoi on croit car comme dit l’adage « l’enfer est pavé de bonnes intentions qui ne profitent jamais aux biens mal acquis avec l’argent de la peau de l’ours que l’on n’a pas tué », comme quoi…

Nathanaël

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