Mes voisins ont un César

"Celui qui avait deux âmes", César du meilleur court métrage d'animation 2017. Blog Adélie Prod.

N’allez pas croire que je vis ou travaille dans une banlieue ou quartier huppé parisien et pourtant, depuis la dernière cérémonie, mes voisins ont un César. Vu de chez moi, j’ai forcément un peu de mal à imaginer ce que ça peut représenter mais j’ai quand même une petite idée. Si on exclut le côté décoratif, pour peu que l’on ait une cheminée ou le côté pratique, en serre livre dans une bibliothèque, je me plais à penser que sans changer la vie, ça doit d’une certaine manière conforter, valider, affirmer, renforcer le travail accompli depuis des années dans l’ombre.

Parce que mes voisins ne sont pas nés avec leur César. Ils existaient avant et depuis longtemps. Je crois que pas après pas, film après film, ils ont mis à chaque fois les mêmes ingrédients de rigueur, de professionnalisme, d’envie, d’humanité et de talent. Puis, au gré des rencontres, des collaborations ont nourri et enrichi leurs projets. Il n’y a pas de petites ou grandes victoires, il y a des rencontres entre une œuvre et son public, entre une œuvre et la reconnaissance des pairs mais l’œuvre reste entière et n’a de cesse d’exister. Il y a surtout des moments de grâce et sans doute le César en est un. Un moment que l’on attend pas, que l’on espère pas non plus, qui ne conditionne en rien l’avenir ou le travail, juste une suspension, une parenthèse qui appartient à mes voisins et que le trophée, ostensiblement exposé ou juste rangé viendra rappeler à l’envi.

Comme je l’ai déjà exprimé sur ce blog, je crois que le temps remet les choses à leurs places, que certaines œuvres survivent et prennent place dans l’histoire, s’inscrivent naturellement à la postérité. Je crois aussi qu’il y a quelque chose d’inexplicable, une alchimie liée à l’œuvre elle-même et son moment, sa rencontre avec son temps, son époque, à son supplément d’âme.

Comment ne pas parler de supplément d’âme pour celui qui en a déjà deux ? (NDLA : le film récompensé s’intitule « Celui qui a deux âmes ») Facile me direz-vous, pas du tout, le titre est une promesse qu’il faut tenir et ici, chez mes voisins, c’est au delà de nos attentes ! Merci !

Nathanaël

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