Noisegate, Stargate, Watergate et Penelope

« gate » en anglais littéralement portail, voire porte, mot d’usage courant devenu suffixe malgré lui.

Il est amusant de voir comme le vocabulaire évolue, devient usuel, se perd, se transforme et comme on en oublie son origine, son sens premier.

Le noisegate est un outil pour ingénieur du son ou métiers apparentés, ça n’est rien d’autre que son sens littéral, une porte qui laisse passer le son, le bruit à partir d’un certain seuil. On détermine le seuil et quand le niveau sonore atteint le dit seuil : la porte s’ouvre laissant passer le son. C’est un outil pratique, utilisé pour filtrer les sons parasites sur un enregistrement. (La porte, le seuil, un champ lexical au premier degré proche des termes d’origine.)

Stargate est un film puis une série à succès. L’histoire d’un portail vers les étoiles, d’un Kurt Russell en militaire borné, d’un James Spader à lunettes pour avoir l’air d’un intellectuel perdu et tout un fatras de références empruntées aux civilisations anciennes. Un thème musical efficace de David Arnold à ses débuts et un titre sans équivoque dans l’utilisation du langage.

Parce qu’en suivant ce raisonnement, on pourrait penser que Watergate est le portail de l’eau, hors bien évidemment il n’en est rien. Pour la plupart d’entre nous, Watergate reste le nom d’un scandale made in US. Une affaire politique qui tire son appellation de sa géolocalisation, Watergate étant le nom d’un ensemble d’immeubles. C’est pourtant depuis cette retentissante affaire que le suffixe « gate » en vient à être associé à toute affaire ou scandale. Une déformation, un abus de langage, une appellation pourtant passés dans le langage commun.

La preuve en est avec notre très français Pénélope-gate ! Je trouve les mots et le langage facétieux et ironiques. Le suffixe « gate » ne veut littéralement rien dire et ne doit son existence qu’à une référence historique. Par contre, Pénélope, celle de la mythologie (grecque) défaisait la nuit son œuvre du jour. Elle travaillait doublement pour donner l’impression de ne pas avancer, une sorte de broderie fictive. Et, plus ironique encore, le nom Pénélope viendrait du mot grec signifiant « canard sauvage ». Elle aurait été, en effet, sauvée de la noyade par des canards, volants sûrement. Quand on sait que c’est un canard, enchainé lui, qui plonge notre Pénélope dans le marasme, je ne peux résister à l’ironie des mots !

Nathanaël

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