Septembre

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Septembre, le mois de la rentrée… Blog Adélie Prod.

Septembre, le mois de la rentrée…

Il n’y a finalement pas si longtemps c’était le mois des cartables, de l’ardoise, de l’odeur de craie et des nouveaux cahiers. Les cartables ont fait place aux sacs en tout genre et on ne doit finalement pas être très loin de la tablette graphique pour remplacer les ardoises.

Il y avait dans l’été, une sorte de moment sacré. Une pause, un tarissement naturel et bienfaiteur des événements, le pays s’offrait un petit break…

Seulement voilà, les temps ont changé, internet et mondialisation sont arrivés, résultat : si avant il se passait bien toujours quelque chose quelque part, aujourd’hui nous avons l’immense privilège (diront certains) d’en être informés. Pas de respiration, un flux continu de nouveautés des 4 coins de la planète. Et si l’actualité ne fournit pas de rebondissements dignes de ce nom, peu importe, le fait divers fera l’affaire, il maintiendra le flux d’information sous assistance respiratoire jusqu’au prochain choc planétaire.

Le marché musical n’échappe pas à cette règle, il est aussi sous assistance respiratoire. Il se noie dans sa propre surproduction. Internet oblige, la mise à disposition de l’œuvre quelle qu’elle soit n’a jamais été aussi facile. Alors comme l’information, le flot ne tarit jamais. Pas de repos pour les créateurs. Sur des milliards d’individus, il est sans doute normal que l’on trouve toujours quelqu’un qui ait une œuvre à proposer. Mais quand, quelques années en arrière, l’œuvre parcourait un rite initiatique, qui l’envoyait de la salle de bain (pour les chanteurs) au salon (pour le concert familial) puis au bar du coin (pour les copains) et ensuite à la MJC (pour les copains des copains) avant d’éventuellement rencontrer un intérêt et d’être transmise à un plus grand nombre, aujourd’hui la moindre ébauche de création passe directement du cerveau à la diffusion internationale.

J’entends déjà les répliques à mon argumentaire allant de la définition philosophique de l’œuvre (vive l’urinoir) à la liberté d’expression (wikileaks à la fête). Certes, mais si la capacité d’absorption du net est quasi illimité, il n’en est pas de même pour l’humain qui se noie peu à peu sous le déluge musical proposé où finalement le dernier critère de choix et d’écoute devient la notoriété. Où comment l’infinité de possibilités peut tuer la diversité…

Evidemment, comment décider qui vaut la peine d’être écouté, qui a sa place, sur quels critères ? Le grand constat de cette rentrée loin des cartables et des écoles, c’est la désolante sensation d’un système où toute proposition disparaît à peine entendue et où seuls ceux qui peuvent se maintenir par leur poids médiatique ou économique offrent une résilience suffisante pour imprimer une marque.

Alors un petit vœu pieux pour cette rentrée… LAISSER DU TEMPS. Du temps pour découvrir chaque chose, écouter, entendre, comprendre et choisir puis soutenir un talent, un artiste, un art, une œuvre…

Et quelque part de tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.

Nathanaël

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